NUIT PLUVIEUSE

Sa peau, constellation
Aux étoiles brunes, douceur lactée,
Où mes doigts aiment se brûler.

Sous la lune, tes respirations.

Des tremblements font virer mes dunes
Et mon désert n’est plus si grand.

Du tréfond de ses rétines, des papillons
Dans le feu de la nuit aiment effleurer
Et s’enivrent de ses cils allumés.

De ton ventre jusqu’aux creux, scintillons.

Un tourbillon peut détruire une enclume
Et remplir de paillettes un océan.

Et j’attrape ses cheveux, consécration,
Perdus dans sa nuque, sous mes baisers
Ou dans les draps éparpillés.

Corps contre cœurs, dans la sueur, entremêlons.

Tout autour de nous lentement se consume,
Flammes et seins, bouches et vertiges blancs.

* * *

Rideau nocturne
Or, goût vibrant
Gestes sans ratures

Origine du monde
Nectar éclatant
Scintille et abonde

Lèvres égarées
Lianes fragiles
Frisson abandonné

Ame enfiévrée
Coeur en délire
Nuit étoilée

Rideau d’or
Vibre et s’anime
Sous les corps

* * *

Rallumons la nuit, il pleut dehors.

© Aline Boussaroque

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