Au contact des draps,
Sous les tissus synthétiques,
Le fantôme de tes bras,
L’image d’un contact électrique…
L’idée que peut-être ici bas
Dans ces rêves, chacun de leur pli,
Il règne comme une aura,
Comme une religion sans bruit.
A la croisée des cris,
Dans leur silence et leur présence,
Dans la soie, dans la suie,
De cette torpeur où chacun danse…
Ensemble joue contre joue,
Les jambes qui se croisent, le coeur sur les hanches,
L’incarnation fiévreuse du nous,
Sa chaleur, ses nuits blanches…
Au bruit des souffles,
Des cheveux que l’on mord,
Des lèvres sur le cou ,
Couleur de l’aube, frisson d’or…
La pensée qu’il reste là,
Dans ce méandre de chair,
Comme un rêve, comme une croix,
La protection d’un temple éphémère.
A la pâleur de la lune,
De nos visages un peu flous,
Sous les vagues de la fortune
Troublant notre regard tout à coup…
Il n’y a rien à voler ici,
Pas un sort, pas un mot,
Juste l’écho qui monte dans la nuit,
Sa douceur, le grand flambeau.
Aux confins de nos âmes,
Dans leurs terres les plus reculées,
L’hypnotique tango des spasmes,
Les louanges mielleuses animées…
Que nous reste – t – il ici bas,
Si ce n’est le dépeuplement,
Tout ce qu’on ne dit pas,
L’instant fragile dans les yeux des amants?
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024