Cela fait un moment que tu n’es pas apparu
Et que ton chant n’a pas raisonné en moi.
Nous sommes déjà en été. Qui l’aurait cru ?
La poésie garde ses hivers et ses bois.
Puis-je questionner la lune ? Son disque blanc ?
La nuit n’est pas encore tombée et ses yeux
Sur moi glissent comme pour parler à un enfant.
« Ne peux-tu pas te taire seulement un peu ? »
Je suis envahie de bruit, d’oscillations et de transe.
Pauvre lune, le poète n’est pas toujours calme
Là où son cerf lui réclame le grand silence
Et se retire en zone vierge de tout vacarme.
Construire un royaume parmi les ordures,
Édifier quelques temples de verres et de néons,
Dépoussiérer la Vierge sans grande allure,
Transformer l’insipide en doux accordéons.
La neige n’a pas avalé ces candélabres.
Maintenant, les fleurs grandissent, obsolètes,
Et tes visites se font de plus en plus rares
Laissant au soleil une lumière incomplète.
Mais je sais que tu restes là, majestueux,
Tel un sacrement dont personne ne connaît l’âge.
Je sais que si je ferme doucement mes cieux,
Je t’entendrais bramer aux tréfonds du sauvage.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024