Les fumées s’élèvent sur le ciel rouge
Du chant du matin porté sur nos lèvres,
Endormies de déroute et de la torpeur des rêves.
Descendant des crêtes où plus rien ne bouge,
De ce monde solitaire, envahit de silence,
Les premières lueurs embrassent l’immense,
Les dames de pierre où la neige s’endort
Dans le cœur des hommes, le bleu des phosphores.
Le paysage s’ouvre… et tombent les nuances…
Des cavaliers sur leurs chevaux blancs,
Des drapeaux, des prières dans le vent,
Des roches élimées sous les pas du temps,
Une terre animée, des âmes du levant.
Le paysage s’ouvre… et les idoles dansent…
Les turquoises s’agitent dans les cheveux
Des femmes, couleur de haillons, yeux de feu.
Leurs mains se croisent sur l’enfant heureux
Au sourire mélancolique, aux traits lumineux.
Temple des blancheurs,
Demeure des neiges
Où tant de choses siègent,
Où tant de choses demeurent.
De l’Indus au Brahmapoutre,
Royaume ! Tu t’élèves ! Tu t’élances !
Là où les fleuves se balancent,
Les montagnes règnent sans détours.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024