JE VIS DANS UN MONDE...

Je vis dans un monde que personne ne comprend.
Les anges sont des beautés androgynes,
Des corps sculptés sur des êtres qui fascinent,
Des bustes dorés, des gravures aux muscles blancs.

Les pavés ont un goût d’héroïne,
Les aurores un cri à pleurer comme un enfant,
Les lueurs me parlent d’histoires d’antan
Et la fraicheur s’insurge dans le spleen.

Je vis dans un monde où meurt le printemps
Lorsque les cygnes font l’amour sur le lac
Ou que dans les chaînes montagneuses gémit le yak
D’aussi loin que ma peau respire et entend.

Les rues deviennent de vastes ruines de pierre
Où un sage s’illumine pour me montrer ses paumes.
Le modernisme se méfie des psaumes
Et dans mon épine dorsale se dresse un sanctuaire.

Je vis dans un monde où l’architecture est une carte
A souffler, à faire tomber, à piétiner
Comme le Centaure à quatre pattes qui veut danser
Alors que Faune et Flore lentement s’écartent.

Les lignes ont beau se croiser et se construire,
Pour vous l’artificiel gagne les parties.
Le monde s’est vidé de son ciel, de ses nuits
Là où mes cieux font l’amour avant de s’ouvrir.

© Aline Boussaroque

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