Je veux juste me glisser là où les courbes fondent,
Me noyer là où les ombres inondent et abondent.
Je veux juste tomber dans les secousses du cœur,
Dans le sismographe des signes, ses fragments, ses peurs.
Je veux juste perdre ma raison et les codes qui entravent
Chaque jour nos mouvements au cœur de nos épaves.
Je veux juste apprendre à respirer, à battre le rythme
De tes veines agitées, de ton corps qui décime.
Je veux juste voir à nouveau le rouge des pavots,
L’orange des jeux vaincus et le bleu de tes yeux si beaux.
Je veux juste retenir ce filament de temps, ces minutes,
Ce regard croisé inconsciemment sans fuite aucune.
Je veux juste atteindre des utopies sur un fond de craie
Que je dessine au gré des rires et de quelques regrets.
Je veux juste m’inscrire dans ta peau comme le soleil
Dans sa chute vers le sommeil fait l’amour au vermeille.
Je veux juste offrir le vent dans tes doigts, le contact,
L’armure, l’étincelle et pourquoi pas tous ces lacs.
Je veux juste détruire ce que je fus, ce que je suis
Et taire dans mes plaines l’inlassable bruit de la pluie.
Je veux juste crever plutôt que de laisser tes sourires
A ce monde qui dort, à ce qui me fait souffrir.
Je veux juste m’éteindre, encore, encore te regarder,
T’étreindre dans la tendresse du pire et mourir d’aimer.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024