ET JE TE REGARDE, ICARE !

Si nous écorchions ensemble les rivages,
Si nous renversions les croix et que nous les plantions au bout de nos doigts…
Je ne supporte plus d’être aussi sage.
Allez, noyons-nous, glissons dans le souffre et la soif

Jusqu’à n’en plus finir…

Si nous apportions quelques tremblements,
Si nous en faisions des métamorphoses d’or et d’ambre…
Je ne trouve plus les nuances,
sauf quand les anges, dans l’aube, se cambrent

Jusqu’à n’en plus finir…

Jusqu’à n’en plus finir,
A s’en briser la nuque,
A en plier l’échine
Et vibrer à nouveau.
Jusqu’à n’en plus finir,
S’enivrer, les ongles dans le dos,
Griffant jusqu’à l’armure,
Jusqu’à la chaleur de la peau.

Si nous partagions nos brulures,
Si nous les dessinions lentement au couteau…
Je ne croyais pas ton corps si pure
Et je te regarde, créature, tomber de haut.

Jusqu’à n’en plus finir…

…Comme tu es beau…

© Aline Boussaroque

MES AUTRES POÈMES