DANS LES BRAS DES DORMEURS

Dans les bras des dormeurs,
Une autre dimension
Où les rêves charmeurs
Font perdre la raison.

Plus de tombes sous les fleurs,
Des alvéoles sur l’horizon,
Une baleine ouvrant son cœur,
Des lagunes pour chaque respiration.

Dans les bras des dormeurs,
On coule sur les dunes,
Etranges voyageurs,
Amoureux du concert des brumes.

Tout est sons ou odeurs
Alors que la terre devient une.
Harmonies et douleurs,
Voici le chant de la lune.

Dans les bras des dormeurs,
Les corps toujours s’enlisent
Dans les draps et la moiteur,
Dans les yeux qui se lisent.

Reins, morsures et ardeurs,
Fièvres que rien ne grisent
Où les anges, en douceur,
S’enivrent et s’attisent.

Dans les bras des dormeurs,
Créature obsédante, déesse,
Tu te dessines dans les heures,
Belle esquisse, jolie messe

Et, sous ton sourire empereur,
Etourdis, attirés dans la crainte,
S’ouvrent les bras du dormeur
Te nommant : « Mon Etreinte ».

© Aline Boussaroque

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