Aux lignes élancées, dans la sphère des signes,
La vitesse se donne et se fuit, son allure maligne.
Tel un échafaud un peu brut au sein d’une ville,
Les immeubles grandissent avec leur grille, leur absence câline.
A leur pied, les gargotes dans les fumées et le fer s’animent.
Les vapeurs parfumées, les mains rougies par la chaleur qui lime
La peau du cuisinier du peuple qui, dans la fureur, adroit, s’active.
Jamais la rue, sous l’agitation des passants, n’a été si vive.
Une tâche de vert, un taxi, du rouge par ici, quelques piments,
Du blanc, de la pierre polie, mêlée au bleu des colliers, aux tissus des enfants.
Du tibétain dans les écritures, certains quartiers ne quittent pas les costumes
Qui font du monde un havre de cultures, autant d’histoires sous la plume.
Reste les jardins, les bonzaïs en fleur et les temples majestueux
Où chaque corniche possède en son bois de jolies courbures, des creux.
Ici, vitesse ne fait plus loi, ni le gris des tristes architectures.
Le thé au fond des tasses fume faisant de la lenteur une souple sculpture.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024