Le ballet est ouvert
Aux grâces des nuées.
Adieu chant du fer
Et gris des fumées !
Pris dans les doigts du ciel,
Perdu, sans aucune garde,
Le bleu, presque originel,
Sublime couleur sans mascarade.
L’essentiel, son odeur,
Du vert aux bois des forêts,
Entête avec ardeur.
Voici le temps du geai.
Le ballet entre en danse :
Fleurs et parades,
Abeilles et hanches
Au défi de l’orage.
Voyez les idoles libérées,
Leurs murmures dans les arbres,
De la cime aux racines de l’été,
Dans les maisons qui se délabrent.
L’insignifiant a trouvé sa grandeur,
L’herbe, le parfum des hortensias,
Sans oublier les jacinthes et les pleurs.
La terre vibre, adieu Maria.
Le ballet est ouvert
Voici les groseilles
Et le vent de la mer
Sous l’aube vermeille.
La pluie s’est tue ;
La chaleur a bâti son empire.
Les loups n’hurlent plus
A la gloire du pire.
La fièvre est décimée
Et dort le lézard
Tout chaud et tout doré
Sur les murs du hasard.
Le ballet se cabre,
Avalant la poussière
Sous la cavalcade de sable
Des chevaux sous leur crinière.
Ecoutez le rythme des sabots,
Leur harmonie ordonnée
Que ne chante aucun oiseau !
Les étalons sont artistes nés.
Leur cadence détrône les hommes
Par delà même l’étendue des prés.
La beauté un peu partout nous assomme
Quand la nature fleurit d’instantané.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024