SAUVAGE

Parfois j’aimerais que le ciel s’ouvre en deux,
Qu’un cygne le traverse et que les néons prennent feu.
J’aimerais que tu te réveilles, que tu écartes les fissures
Car cela dort depuis bien trop longtemps.
Je veux voir des cascades sortir des murs,
Du végétal à foison, de la faune, des éléments.

Et je rêve encore d’une arborescence,
D’un oiseau sur mon épaule qui s’élance…
Et je te parle, je te parle… pieds nus,
Sur la roche, au contact de l’absolu.

Souvent j’aimerais marcher sur la mousse
Et laisser mon corps dériver sans secousses.
J’aimerais que tu brises ces architectures
Car cela dort depuis bien trop longtemps.
Je veux entendre sous les bois les murmures,
Les ours, les fauves, leurs grognements.

Et je te parle, Ô Sauvage !
Face contre terre, au cœur des paysages.
Si le cerf me regarde, tendre esthète,
Je serai la belle, puis la bête.

Cela dort depuis bien trop longtemps…

© Aline Boussaroque

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