LA BÊTE

Dès les premiers frémissements de la nuit,
Lorsque la lune appelle du fond de son âme,
La peau s’étire et s’arrache sans un bruit
Laissant sortir la Bête dans un silencieux vacarme.
L’oeil jaune, le corps de cendre et d’argent,
Dans une convulsion soignée, sans désordre,
Il se trame dans la lenteur un air urgent,
Une fusion d’amour et de violence à mordre.
Le chant lugubre raisonne, liturgie inquiétante
Défiant le vent dans les arbres, son souffle.
L’obscurité se teinte du sang de victimes innocentes
Et tournent les heures sous les sons qui s’étouffent.
Parfois, le mythe sort des livres anciens
Et les ombres convergent en un même point.
Loin des hommes, loin du rien,
La créature hurle et se tord dans le lointain.

© Aline Boussaroque

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