LE PALAIS SUR LA COLLINE

Ce matin, un filtre sans horizon s’est tissé
Couvrant les grands prés de coton.
L’herbe s’abreuve, les feuilles sont décorées
D’un peu d’eau gracieuse, de gel qui fond.
Au loin, les arbres s’invitent avec les fantômes,
En rois couronnés de brumes, en princes troubles.
Si je les regarde pour les distinguer de leurs doux atomes,
Ces spectres à peine dessinés passent de un au double.
La colline est un étrange palais sous les vapeurs :
Fumées parfaites, telles un triste aquarium,
Se mêlent au vert pinède, ce vert sans chaleur,
Et bâtissent, sous l’hiver, un grand atrium.

© Aline Boussaroque

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