Dans la pâleur de la chambre,
D’un gris glacé, neutre néant,
Se tiennent des corps tordus de méandres.
On pourrait croire à quelques innocents
Perdus dans cette salle austère
Mais aucun des sourires n’irradie de blanc.
Les lignes de leurs mains forment des rivières
Sombres, éteintes, aux lits étroits :
L’eau creuse parfois de froids cratères.
Du sol au plafond, ça respire froid
Tandis que les éternelles ritournelles sont lancées.
J’ai beau essayé, il ne reste plus aucune foi.
On pourrait suspendre des bocaux de fumée
Ou, encore, quelques croix translucides.
Sans consistance, sans matière, le rien est né.
Tout endormie et, pourtant, si lucide,
J’essaie de percer le bourdon, sa berceuse,
J’écoute les bouches crachées leur vide.
Cette chambre mortifère et nauséeuse
Me rappelle un mausolée, son absence de chaleur
Qui sied aux inanimés, leurs paroles douteuses.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024