Poussiéreuse comme une corde
Qui s’effrite au fil des années,
Navrée comme un astre de miséricorde
Essayant de briller dans son année,
Courbée comme une biche soumise
Aux ronces qui blessent sans rompre,
Je suis celle que j’ai toujours apprise,
Résignée aux courses effrénées de la montre.
Sans armure pour supporter le poids,
Le plomb qui forge mes ramures,
Brisée contre les rochers, leurs parois
Où les vagues crient puis murmurent,
Inanimée dans le rejet, dans l’injure,
Comme un Christ percé au flanc,
Je suis si triste, je suis l’usure
Une croix plantée dans le néant.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024