PARTITION BLANCHE

Quand cesseras-tu de me hanter ?
Mes doigts se posent sur le piano
Tandis que les lignes restent vides, prêtes à hurler.

J’ai commencé avec un ré, peut-être un do
Et ma fierté ricane, et me voici impuissante !
Sortir la lyre ne suffit pas à créer du beau.

Je déborde. Mon imagination s’impatiente
Comme l’eau vive prise dans un barrage,
Comme une petite fille trop pertinente.

Sinistre, tendre, un brin sauvage,
Mon écriture s’abreuve de notes blanches
Mais noie les résonances dans une page.

Voix et musique se font étanches.
Ce soir, rien ne sonne, pas de mélodies
Ni de rythmes. La partition flanche.

Le fantôme du musicien, en silence, rit.
Une fois encore, je l’entends se moquer
Et une larme coule sans un bruit.

Quand l’inspiration abandonne mes quartiers,
Que la musique s’effondre sur le parquet,
Je m’allonge, lasse, muette et révoltée.

© Aline Boussaroque

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