Les yeux fermés sur une onde distante.
L’âme encerclée d’une ombre éblouissante.
Chaque reste de palpitation nous raconte
Comme nos aubes étaient grandes.
Le sommeil nous rapproche de cette fronde,
Des murs parfois trop étroits quand les peurs inondent.
Regarde-moi maintenant ! J’ai froid
Et dans le lointain tout gronde.
Dors puisqu’ici nous ne nous reconnaissons pas.
Ne reste que les souvenirs, leur chaleur, leur émoi…
Et même si mon cœur chavire et se brise,
Le roche lentement me récupèrera.
Dors sous l’herbe, sous l’aurore, sous mes pas.
Je laisse à la brise les rires sonores qui se déplacent
Et même si mon cœur se déchire, guerrier vide,
L’eau le nettoiera du noir.
* * *
Nous nous trouvons sur le seuil,
Dans des nuages presque parfaits,
Dans la lumière, des écureuils,
Tout cela n’est peut-être pas si réel ?
Suspendue au-dessus de tes rêves,
De ce coma blanc, de la douleur qui grêle,
Je dépose là comme une trêve
Un dernier baiser sur ton front blême.
* * *
Les yeux fermés, déjà dans les nuages,
L’aurore a bouffé nos failles.
Reste les dernières palpitations qui me gagnent :
Adieu mon ami, je te garde dans mes entrailles.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024