LA SEINE

Dois-je continuer à écouter la Seine ?
Ses eaux vertes et troubles, de douce verveine,
Coulant depuis sa source en méandres tordus,
Hurlant entre mes vertèbres en un chant confus.

Elle appelle, elle appelle ! Je suis un marin
Perdu, divagant dans le désert parisien
Entre les rues et les bulles, les méduses feu,
Tantôt fragile, tantôt étain forgé de bleu.

Et coule la Seine ! Ses bijoux, sa ferraille,
Les parfums de rouille, des flots jusqu’aux entrailles.
Son triste écho, sirène dans les klaxons fous,
Berce mon cœur de ses cris absents et absouts.

© Aline Boussaroque

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