Silence. Je te retrouve dans la fuite,
Dans les sourires que j’emporte
Jusqu’au bout des ongles, gratuits.
Je te retrouve dans le train, sans force,
Quand je les regarde derrière les vitres.
Silence, dans mon sang, dans mes nuits,
Quand le vide me rappelle et m’attire
Jusqu’au bout des heurts, à minuit.
Silence, je te redoute et t’expie
Comme un prêtre se penche et prie
Sur le sol secret et gris
De son église, comme une cérémonie,
Quand je rêve des collines vertes,
Du corail, des baleines ou des vagues,
Quand les montagnes tendent leurs bras, inertes
Et que je m’écroule sous la dague.
Silence, O silence, dans mes réseaux,
Comme une architecture de mon être
Coulant entre mes lèvres et mes sanglots.
Silence, tes cris assassinent mes peut être.
Quand le train s’en va, mon ventre
Se tord et se rend, malade,
De retrouver son néant, ses crampes.
Je retrouve mes errances fades
Comme un fantôme impuissant
Ou un être vivant sans conscience.
Silence ! Je te retrouve. Insolent !
Et je pleure toutes ces absences…
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024