PRAIA DE OURA

Voici un funeste espace,
Les restes du verre, du grain,
Une chrysalide un peu sale
Souillée dans le voile du matin.

Des photos dans le sable,
Un tissu légèrement troué,
C’est flagrant tant d’inévitable:
Je reste là moi aussi échouée.

Les oiseaux siègent bas
Sur cet édredon, coussin nauséeux,
Qu’ils posent une plume au ras
Et montera la marée bleue.

Comme une vague noire,
Comme un océan d’adieux,
Les flots hurlent au désespoir
Et déferlent comme un pieu.

Le chant des rivages pleut.
La roche pâlit sous le soleil,
S’effrite sous les doigts haineux
Du bipède qui s’émerveille.

Les fleurs ont trouvé un cimetière
Au milieu des corps étrangers:
Voyez leur courbe circulaire,
Le hurlement des orangers.

L’odeur de la terre a tourné.
Fini le figuier et l’essence de citron!
Les parfums sont détrônés
Et règne le pétrole, règne le béton!

Voici un funeste espace.
Je prend le verre dans mes mains.
Si je le serre, qu’est ce qu’il se passe?
Du rouge dessinera – t – il le matin?

© Aline Boussaroque

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