Tu sais, j’ai la peur des balles perdues.
Je crains tout d’hier et de demain,
De la bataille des heures quand tout s’est tu
Et que, dans la nuit, la ville sourde me retient.
J’ai de l’indigo dans mes écritures,
Du turquoise dans chacun des matins.
Tu sais, je suis au pied du mur,
Fusillée du regard, passager clandestin.
A toi, Potemkine ! Amour, amour !
Milice du ciel, guerre de ma peau.
Regarde-moi, j’ai le cœur en lambeaux,
Et mon silence crie à la fuite des détours.
Tu sais, Potemkine, mes armes sont tombées.
Je ne supporte plus le gout du fer,
Sa force, sa froideur, sa mort instantanée
Quand les étincelles édifient mon enfer.
J’ai de la douceur dans ta lecture,
Des signes que je grave dans ma chair.
Tu sais, je ne suis plus très sure,
Si je crève d’envie ou si je vis d’amer.
Délivre-moi, Potemkine, de l’héroïne du jour,
Des batailles qui sonnent, des nerfs à genoux !
Potemkine, tu sais, here, all is blue,
Des fleurs jusqu’à la mer, dans tes moindres contours.
Hélas, Potemkine, je chute sous les fanons.
J’abandonne tes océans, j’y coule ma raison.
Potemkine, tu sais, là où chante le clairon,
Il n’y a qu’une morte plaine et l’écho des canons.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024