Une fois de plus, je laisse tant de champs mémoriaux derrière mes talons,
Tant de paysages et de souvenirs qui me reviennent. Je ne pleure aucun vallon.
Pourtant, j’ai tant creusé ce ciel, j’essaie de l’aimer et de le bâtir de vermeille
Mais, sous les arches en coton, le pastel bien trop frêle n’esquisse pas les merveilles.
La route avance et se prolonge dans un fusain noir, dans une fin cérébrale
Que les arbres irriguent de leurs branches à la perfection bancale.
J’ai marché tant de fois sur ces bitumes en écoutant des histoires
Mais, dans les virages aux tournants indéfinissables, on oublie la gloire.
Il n’y aura plus de retours possibles jusqu’au prochain rugissement des oracles,
Il n’y aura plus de pas sans devenir dans ces méandres jonchés d’obstacles.
Pourtant, j’ai regardé et je regarde infiniment les restes que j’ai devant moi
Mais les hautes herbes sur mon chemin ne font que plier sous mon poids.
Une fois de plus, je laisse tant de mon cœur dans ces collines gorgées de rivières,
Tant de chevaux au galop honorable et de mots que personne ne connaît sous les fougères.
Pourtant, j’ai tant creusé cette terre, je ne fais que l’aimer et la garder sous mon aile
Mais la vie dans ses reflets m’emmène loin de ces chemins verts, loin de mes veines.
Les sentiers se poursuivent et jamais ne s’arrêtent pour toucher d’autres crêtes
Que le vent caresse dans une tendresse invisible avec les mains de nos ancêtres.
J’ai rêvé sans jamais connaître la soif sur ces graviers contenant l’essentiel
Mais, bien souvent, Neptune dans son antre originel me lance, imperturbable, ses appels.
Il y aura toujours le chant des châtaigniers invincibles bordant ces monts de lumières,
Il y aura dans ces vallées ombragées toujours une canicule corporelle à travers les ères.
Pourtant, j’ai cherché sans cesse dans ces courbes les racines, l’étant, l’être, le je suis
Mais les volcans gardent endormis, dans leur cœur de lave sereine, ce secret comme dans un puits.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024