Quand est-ce que ça s’arrête ?
Les regards hautains, la méprise latente, même pas assumée. Le poids de la culpabilité sur les épaules. Les airs de bohème, l’inutilité, le temps tué. Ah l’artiste… la distraction du samedi soir, le réconfort des jours de pluies et du cœur lourd. L’artiste, celui qu’on adule et qu’on détruit en même temps. Sa poupée de chiffons.
Quand est-ce que ça s’arrête ?
L’artiste œuvre. Son art, sa pensée, sa création, son imagination, sa technique, ses mains, son touché, ses mots, sa voix, ses cordes, son frappé, sa scène, sa concentration, ses regards, ses clichés, ses lumières et ses ombres, ses peurs, ses douleurs, ses plaisirs, sa peau, ses échanges, ses baisers, ses frissons, ses courbes, ses danses, ses transes, son immensité, sa fragilité, ses erreurs, ses heures, ses minutes, ses secondes, son zéro. Vide. Plein.
Quand est-ce que ça s’arrête ?
J’essuie.
Quand est-ce que ça s’arrête ?
Je suis.
© Aline Boussaroque![]()
© Aline Boussaroque 2024