L'ÉPINE

Il y a des épines qu’on ne peut tirer
Comme le glaive scellé dans la pierre reine
Et que la nuit suffit à faire réveiller
Tandis que les étoiles découvrent l’ébène.

Rose de mélancolie, osier du sommeil,
Le poids du regret s’enveloppe du nocturne
Avant que la culpabilité ne s’éveille.
Les parois qui tremblent, froid, la vision de l’urne !

Vitreux dans ses viscères, l’estomac se crispe
Broyant l’ostensif ulcère du souvenir.
Absence dans mes chairs à l’écoute du disque,
Sous l’angle fade des paupières, on entend dire :

« Le matin ne sera pas moins gris de douleur
En déposant tes rêves sur la pierre éternelle
De l’être qui, blanc de sève, donna son cœur
Et déchira l’aube dans un dernier appel. »

L’eau gorgée de mots amers, d’images et de bruits
Dans une vibration salutaire se rend.
Une larme de tristesse ou bien de la pluie
Trace sur le carreau les gouttes du néant.

Il y a une épine qu’on ne peut tirer
Comme le soleil endormi sur l’horizon
Et que le jour, éphémère, essaie d’étouffer
Tandis que les étoiles perdent la raison.

© Aline Boussaroque

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